Catégorie : Voyages

Chemin de Stevenson (7 au 15 septembre 2018)

Cette randonnée commence en vérité il y a un peu plus d’un an quand une amie (la personne se reconnaîtra) m’a offert un petit bouquin intitulé Voyage avec un âne dans les Cévennes de Robert Louis Stevenson. Le même Stevenson qui a écrit L’île au trésor ou L’étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde. Ce court ouvrage raconte le chemin du jeune Robert Louis Stevenson (pas encore 28 ans à l’époque) à travers les Cévennes avec son âne Modestine. RLS, protestant et écossais désirait retrouver les traces des camisards, une révolte protestante du début du 18ème. Pour cela il part le 22 septembre 1878 de Monastier-sur-Gazeille pour cheminer pendant 12 jours et arriver à Saint-Jean-du Gard le 3 octobre 1878. De cet ouvrage est né un chemin de grande randonnée, le GR70. RLS est considéré par certains comme le premier « randonneur moderne ».

Ayant vécu en Ecosse et passionné de randonné, cette randonnée m’a tout de suite interpellée. Je me suis décidé à l’entamer 140 ans après son auteur également en septembre et au même âge. Ce petit récit a pour objectif de vous faire part de mon cheminement en partie seul puis à deux et de partager quelques photos que j’ai prises. Alors, cher lecteur c’est parti !

Jour 1 – Vendredi 7 Septembre Monastier-sur-Gazeille – Le Goudet (10,8 kms)

Accéder à Monastier est une sacrée paire de manches. Pour cela départ de Paris pour Saint-Etienne à 6h30 du matin. Malheureusement le train arrive en retard à Saint Etienne donc je n’ai pas le temps de me balader un peu dans la ville. A Saint-Etienne, changement pour le Puy-en-Velay. Dans le TER du Puy, je rencontre plusieurs de randonneurs s’apprêtant à effectuer le chemin de Compostelle. Certains ont déjà fait le chemin de Stevenson et me donnent quelques conseils avec les passages les plus durs. Il m’est conseillé de faire attention à la météo avant de grimper en haut du sommet du Mont Lozère. Conseil qui sera utile pour la suite. Une fois arrivé au Puy, ça y est c’est parti ! J’avais visité le Puy dix ans auparavant. Ayant un temps limité, je décide de juste faire quelques courses dans le centre et de partir directement. Il faut savoir que le GR 70 commence au Puy et certains le font à partir de là. Mais je préférais faire le trajet historique donc je décide de faire du stop pour aller du Puy à Monastier (environ 20 kms). Il faut savoir qu’il n’y a pas beaucoup de bus donc il vaut mieux vérifier en avance. Il n’y avait pas de bus avant 18 heures le soir donc le stop s’est avéré être la solution la plus facile. C’est un peu compliqué de sortir du Puy mais une fois en dehors en deux stops je me retrouve à Monastier. Le premier panneau de Stevenson est devant moi, un peu d’appréhension devant les 190 kms qui s’annoncent. Un peu de stress sur le fait de savoir si mes genoux vont tenir trois semaines après m’être blessé. Mais une excitation immense, ça y est j’y suis, sac à dos à dos comme on dit, un pas devant l’autre et  le chemin peut commencer !

Monaster-sur-Gazeille

Cette partie de Stevenson traverse le Velay. C’est une succession de vallons verdoyants avec les volcans d’Auvergne en arrière-plan. Le temps est magnifique. Stevenson lui-même déclare « Le pays est beau, un peu comme les Highlands mais moins grandiose ». On traverse de belles forêts suivies de grandes prairies entrecoupées de petits villages en pierre de lave. Ici et là des brebis noires paissent tranquillement. L’église de Monastier est très jolie et mérite une petite visite. Le chemin passe par la commune de Saint-Martin-de-Fugères qui surplombe les gorges de la Loire. Ce village possède une très jolie église. Nous ne sommes pas très loin du Mont Gerbier-de-Jonc. Quelques années après avoir remonté la Loire en vélo de Nantes à Nevers, je trouve cela amusant de rencontrer à nouveau ce fleuve majestueux. La première étape se termine par une descente vers le Goudet et la traversée de la Loire. Le château de Beaufort surplombe la vallée. Apparemment il s’agit du premier château de la Loire. Si vous avez un peu de temps de recommande la visite. Je m’installe au camping des bords de Loire du Goudet. Première étape et déjà mal aux jambes je me demande ce que sera la suite. Ma petite tente est prête, premier dîner au réchaud, je fais la connaissance de Alain et de son épouse, jeunes retraités normands. Alain effectue la randonnée de Stevenson en VTT. Nous discutons et espérons nous croiser dans les jours suivants sur le chemin. Sur ce début d’itinéraire je n’ai pas croisé beaucoup de monde mais cela est en partie dû à mon départ tardif de Monastier. C’est assez émouvant de marcher sur les pas de RLS, de dormir à côté de l’hôtel de la Loire où il a dormi. Le cadre est magnifique. Je passe la nuit avec un âne pour voisin qui aura la gentillesse de rester relativement calme ! Le lendemain je me fixe comme objectif d’aller jusqu’à Pradelles.

Sur le chemin dans le pays du Velay

Avant la descente sur Le Goudet

Le château surplombant Luc

La Loire au Goudet

Jour 2 – Samedi 8 Septembre 2018 – Le Goudet – Pradelles (34,2 kms)

Le réveil au Goudet à 6h30 est… extrêmement humide. La Loire toute proche recouvre d’un halo de brouillard la vallée que le soleil ne parvient pas à pénétrer. La tente est trempée comme après une nuit de pluie. Je grelotte et essaye tant bien que mal d’empaqueter mes affaires pour remonter la vallée le plus rapidement possible. On m’avait parlé d’une ascension pierreuse sur le chemin, celle-ci se trouve en effet entre le Goudet et Montagnac. 2 kilomètres de cote. Parfait pour se réchauffer mais assez désagréable avec les pierres roulantes.  Je rencontre un couple de retraités australiens venus en France spécialement pour faire la randonnée de Stevenson. Nous discutons un peu de rando en Australie mais le chemin attend.

Le réveil sous le brouillard

Malheureusement je ne les recroiserai plus. Une fois sorti des nuages le spectacle est magnifique.

La sortie des nuages!

On a l’impression d’atteindre les sommets alpins et de dominer les vallées environnantes. Le chemin continue vers Ussel, village qui ne fut pas un bon souvenir pour Stevenson puisque tout son chargement se détacha de Modestine et se répandit sur le sol. Je déjeune au Bouchet Saint-Nicolas où il y a une petite épicerie de village. La place de la Mairie à droite de l’église dispose de grandes tables. L’ancienne église du village que Stevenson a vue est désormais une propriété privée mais cela reste un bâtiment assez étonnant. Le Bouchet est situé à proximité d’un lac mais cela nécessite un léger détour et il me reste beaucoup de chemin à parcourir aujourd’hui donc je décide de continuer.

Le chemin du Bouchet jusqu’à Landos est relativement facile, assez roulant et descendant. Les bâtons de marche permettent d’avancer à un bon rythme. Le soleil est radieux. Bref une journée parfaite pour faire de la randonnée. Je ne m’attarde pas à Landos et Arquejol mais je conseille de s’arrêter un peu pour profiter des lavoirs magnifiquement rénovés. Le chemin traverse le pont de pierre de la Castier qui a été rénové en 1989.

Lavoir

Une fois à Arquejol, j’entame la montée vers Pradelles. Le village est situé à 1200 mètres d’altitude au carrefour de la Haute-Loire de la Lozère et de l’Ardèche. Il surplombe la vallée de l’Allier et mérite son classement comme un des plus beaux villages de France. Les huit kilomètres de montée vers Pradelles sont éprouvants. Il fait chaud et les jambes sous le poids du sac commencent à fatiguer. Sur le chemin je rencontre un couple qui voyage avec ses deux jeunes huskies. Les chiens ont des petites sacoches pour porter leurs croquettes. On note déjà un changement de végétation. Les paysages sont plus secs, il y a plus de pins. L’herbe a jauni pendant l’été, il a peu plu récemment. J’arrive à Pradelles les pieds en feu et me dirige vers le camping municipal. On m’apprend que celui-ci a brûlé deux mois auparavant frappé par la foudre. On m’indique comme alternative un petit square. Je dîne sur le promontoire face à la vallée et profite de la soirée pour visiter le village. Les ruelles sont pleines de charme. Je visite la chapelle Notre-Dame de Pradelles, la porte de la Verdette qui date du XIIIème siècle avec ses corbeaux de pierre des mâchicoulis, la maison des templiers. C’est de Pradelles que partira une des expéditions visant à tuer la bête du Gévaudan dans les années 1760. Je plante ma tente entre une balançoire et un toboggan. Je suis dérangé sur les coups de 23 heures par une voiture qui se gare dans le square avec ses pleins phares à la recherche d’un objet perdu. Mais à part cet événement la nuit sera relativement calme.

L’ancien viaduc

Chemin de fer désaffecté

L’arrivée vers Pradelles

Jour 3 – Dimanche 9 Septembre 2018 – Pradelles – Luc (33, 4 kms)

Le matin, lever tranquille. Il a fait très froid pendant la nuit mais beaucoup moins humide que la veille. Je croise un groupe de retraités avec qui je vais cheminer une partie de la matinée. La plupart font le chemin de Stevenson avec un sac léger en allant de gîte en gîte. On quitte la vallée de la Loire pour rejoindre celle de l’Allier.

Cette journée est l’occasion de découvrir la Lozère région à mi-chemin entre l’Auvergne et le Languedoc. La Lozère possède de nombreux villages typiques avec des chaumières en pierre. Le chemin passe par Langogne qui possède un riche patrimoine architectural avec notamment une grande halle aux grains du XVIIIème. Si vous avez un peu de temps, vous pouvez faire un détours de 2 kms aller) pour voir le réservoir de Naussac, gigantesque lac de retenue que l’on voit de très loin sur le chemin. A l’approche du Gévaudan, Stevenson se montre impatient de découvrir ce pays « sauvage, montagneux, de fraîche date déboisé par crainte des loups ». Le chemin traverse Langogne et ses vestiges de l’hôpital Saint Jacques. Les chemins s’enfoncent dans les forêts profondes du Gévaudan. Les sapins abritent toute sorte de variétés de champignons.

Pas de loup hélas, Stevenson disait déjà « Les loups hélas ! Comme les bandits, semblent reculer devant la marche des voyageurs ». Les premières ampoules apparaissent par contre. Moins dangereuses que le loup mais tout autant pénibles ! Sur le chemin je rencontre William et Clotilde originaires de Vendée et Jean-François originaire des alpes. Nous passons la soirée dans l’aire de campement de Luc qui jouxte la rivière. Je recommande vivement ce lieu qui permet de passer une soirée en pleine nature tout en ayant accès à une douche chaude. Le château de Luc surplombe la rivière. Il s’agissait au Moyen-Âge d’un des plus importants châteaux forts de la région. Le château a été abîme par la guerre de Cent Ans, les guerres de religion et la Révolution. Il fût partiellement démantelé sur ordre de Richelieu. Le donjon a été transformé en une chapelle par les habitants de Luc. Clotilde nous cuisine des champignons frais. Nous passons une soirée très agréable à parler agriculture avec William qui est exploitant agricole. Cette journée de marche intense m’a épuisée. Les pieds brûlent. On verra ce que cela donne le lendemain.

Château de Luc

Jour 4 – Lundi 10 Septembre 2018 Luc – Montagne du Goulet (version raccourcie 8 kms)

Le réveil est dur. Les pieds font mal comme jamais. La météo annonce également de l’orage dans deux jours et je souhaite passer le Mont Lozère avant. N’ayant malheureusement pas le temps de faire le détour par l’abbaye de Notre Dame des neiges, je décide d’avancer en ligne droite vers Saint-Laurent. Les randonneurs qui ont séjourné à l’abbaye ont vécu une belle expérience. Le raccourci me permet également de faire une journée un peu plus reposante. Saint-Laurent est un très joli village connu pour ses eaux thermales chaudes (attention si vous souhaitez y dormir, le camping se situe à plus de 2kms du village). Il y a un petit magasin de vêtements, une épicerie (fermée entre midi et 15 heures) et une pharmacie (la première depuis 30 bornes). Nous prenons un petit verre avec mes compagnons de la veille à Saint Laurent et je pars en bus vers Chasseradès car le chemin est un bourbier suite à la mise en place d’un parc éolien et ne dispose pas d’un intérêt particulier. Chasseradès est un très joli village sillonné de ruelles étroites et tortueuses. On note l’influence Cévenole. Le village est longé par la voie de chemin de fer avec un magnifique viaduc au niveau de Mirandol. Stevenson a traversé Chasseradès à l’époque où la voie ferrée était en construction. Il a dû notamment partager sa chambre avec les employés et les ingénieurs en charge de la construction de la voie de chemin de fer. Avec le recul c’est plus lourd, mais au moins quand on voyage avec sa tente on est tranquille. En marchant je rencontre Jorge et Chantal originaires de Corrèze. Lui est calligraphe, elle est aide-soignante. J’admire leur mode de voyage tout en simplicité avec une simple bâche et des peaux de moutons comme tapis de sol. Ils essayent de se nourrir de plantes trouvées dans la nature et de ne pas utiliser de matières plastiques. Je n’en suis pas encore là mais peut être que cela viendra. Nous quittons tous les trois le village de Mirandol pour partir à l’ascension de la crête du Goulet que Stevenson décrit comme « des plateaux, des bois de hêtres et de bouleaux et, à chaque détour des spectacles d’un nouvel agrément ». L’endroit est constitué d’anciens champs qui ont été reboisés. A la belle saison, les landes sont recouvertes de genêts. On longe le Lot et marchons non loin de sa source. C’est assez fascinant le nombre de fleuves et rivières d’importance que l’on traverse dans cette région. La montagne du Goulet située à 1413 mètres d’altitude est un lieu de bivouac formidable. Nous campons sous la voie lactée. La féerie ambiante permet d’oublier la difficulté de la marche.

Viaduc de Mirandol

Jour 5 – Mardi 11 Septembre 2018 – Montagne du Goulet – le Pont-de-Montvert (33,3 kms)

Quelle journée ! La plus belle et la plus dure de toute la randonnée avec le sommet de Finiels à 1699 mètres. Le matin réveil dans la forêt. La nuit a été beaucoup moins froide malgré l’altitude. Jorge et Chantal veulent aller moins loin que moi aujourd’hui donc je pars devant. Là, première mauvaise surprise, une déviation de plusieurs kilomètres (Je crois que c’était seulement jusqu’à fin septembre). Le chemin nous fait redescendre lentement vers le Bleymard. Une fois sorti de la forêt, on traverse de vastes champs jusqu’au village qui culmine un peu au-dessus de 1000 mètres.

Dans le village je fais mes courses (il y a un carrefour contact à l’entrée) et fait une pose pour le déjeuner avant d’attaquer la montée du Mont Lozère. Sur la place du village, à côté du boucher, il y a un petit magasin où la gérante fabrique des sacs, des foulards et des petits objets à partir de matériaux de récupérations. Elle m’a gentiment donné un bout de tissu pour me faire un foulard et affronter le soleil écrasant. A partir du Bleymard, commence l’ascension vers le sommet de Finiels. Autant je déteste descendre, autant j’adore monter. L’ascension se fait en deux étapes avec une première partie vers la station de ski du Mont Lozère (5,2 kms) puis une deuxième (3,9 kms) vers le sommet lui-même. Le mont Lozère est une pure merveille et je suis cotent d’en faire l’ascension ce jour-là avec ce temps magnifique. Stevenson s’est également émerveillé devant cette montagne chauve de plus de 30 kms de long « un autre pays formé d’un chaos de colline bleues, çà et là hérissées de forêts, ailleurs dénudées sur le ciel ». Une fois sur le mont Lozère, on entre également dans le parc national des Cévennes. Le mont Lozère était la propriété de l’ordre de Malte du XIIème siècle jusqu’à la Révolution. Le chemin vers le sommet suit donc le bornage fait de petits menhirs marqués de la croix de l’ordre de Malte. Le Mont Lozère est le lieu propice pour une faune et une flore d’une rare diversité. Si l’on est chanceux, on peut même apercevoir des loutres et des castors dans les rivières. Du sommet le panorama est exceptionnel avec une vue sur l’Aubrac, l’Ardèche, les Cévennes, le Mont Ventoux et en cas de bonne visibilité le Mont Blanc (et selon certains la Méditerranée). Je profite d’une bonne pause au sommet et partage une bière avec deux étudiants du Poitou.

 

Il est déjà 16 heures et il est temps de redescendre vers le Pont-de-Montvert. La descente est splendide avec des paysages dignes des décors de la gloire de mon père. De ce côté du Mont Lozère, on se trouve véritablement dans le « sud » avec les criquets, le vent chaud et la lumière brillante. La difficulté de la descente me ramène aux dures réalités de la randonnée. Mes pieds me font très mal. En arrivant au village je m’effondre littéralement sous la fatigue après 10 kilomètres de descente sur des cailloux. Par chance le camping est situé au bord de la rivière. Je retrouve Alain et son épouse dans le camping. Je monte ma tente tant bien que mal et m’endort en moins de 30 secondes.

Le-Pont -de-Montvert

Jour 6 – Mercredi 12 septembre 2018 – Le Pont-de-Montvert – Florac (22,6 kms)

Ce soir je dois être à Florac. C’était un peu le but de cette première partie de voyage et ce qui m’a donné un certain rythme. Etre à Florac le mercredi soir pour l’arrivée d’Alex avec qui je terminerai le chemin de Stevenson. Le matin je visite le Pont-de-Montvert. Avec Pradelles, cela fait partie de mes villages préférés de toute la randonnée. C’est un village typique situé à la confluence du Tarn, du Rieumallet et du Martinet. Ce fut un des foyers les plus ardents du protestantisme dans les Cévennes et le fief d’où fut lancée la guerre des Camisards suite, le 24 juillet 1702 suite au meurtre de l’abbé du Cheyla. La montagne au-dessus du village est parsemée de drailles, anciens chemins de transhumance, qui disparaissent faute d’entretien. Le chemin de Stevenson passe ensuite par le massif du Bougès qui culmine à 1421 mètre d’altitude. J’essaye d’avancer assez vite car on annonce un risque d’orage et je ne veux pas me retrouver pris au piège dans le brouillard. La montée est assez abrupte. Les paysages sont grandioses avec une succession de landes et de forêts. Le chemin est très différent de celui de la veille. Le sommet offre un superbe panorama. La suite du chemin longe la crête. Sans point d’eau, ni ruisseau cela est assez difficile. Je trébuche pas mal sur des pierres. Je prends la petite bifurcation du GR 68 directement sur Florac pour gagner du temps. Après une autre descente, ça y est me voilà à Flora ! Florac est le troisième lieu qui m’a marqué. Il s’agit de la plus petite sous-préfecture de France. Comme le déclare Stevenson, « sur un affluent du Tarn est situé Florac [….] qui possède un vieux château fort et des boulevards de platanes, maints quartiers anciens ». L’ancien château abrite la Maison du Parc des Cévennes. C’est un jeune pasteur français de Florac qui a traduit la première fois en français en 1894 l’ouvrage de Stevenson. La ville est traversée de cours d’eau et possède un véritable charme. En attendant l’arrivée d’Alex le lendemain je m’installe dans le camping du Velay en bas de Florac. Baignade dans la rivière et balade en ville le soir.

Jour 7 – Jeudi 13 Septembre 2018 – Florac – réservoir de Fontmort (23,9 kms)

Mon compagnon de route est arrivé !

Après quelques emplettes nous partons directement direction Mont Mars. Le chemin remonte la vallée de la Mimente et suit le tracé de l’ancienne voie de chemin de fer. C’est agréable et plat. Stevenson avait pris ce chemin plus facile car selon ses propres termes « bourrique fatiguée et conducteur de bourrique fatigué ». N’ayant pas d’âne je me retrouve quand même dans ces paroles. Le chemin traverse une série de petits tunnels. C’est la terre « d’immenses chênes et des châtaigniers [qui] croissaient sur les versants et les terrasses pierreuses ». Le déjeuner est composé de sandwichs avec de la tome de brebis et du jambon local. Il faut profiter un peu de la gastronomie locale. Une fois atteint l’ancienne gare de Cassagnas, nous attaquons la dernière montée vers le réservoir de Fontmort. Nous croisons Alain au début de la montée, parti en repérage.  Une montée raide dans la forêt. Au sommet nous trouvons un lieu de bivouac relativement plat sans trop de crottes de lapin. Nous installons les tentes et passons une nuit sous les hurlements du vent. Dormir en forêt reste un réel plaisir. Je pense que c’est une chance de connaître cela. Une petite soupe, une salade et un thé au réchaud et hop au dodo.

 

Château de Florac

Jour 8 – Vendredi 14 Septembre 2018 – Réservoir de Fontmort – Saint-Etienne-Vallée-Française (18,5 kms)

Les jours passant, la fatigue est de plus en plus présente. Alex par solidarité a décidé d’avoir également mal aux pieds ! Nous descendons en clopinant le versant de la montagne en direction de Saint-Germain-de-Calberte. C’est un privilège de parcourir les Cévennes dont les paysages cultures agropastoraux des Causses et des Cévennes ont été inscrits sur a Liste du patrimoine mondial de l’humanité en 2011. La construction de terrasses en pierres sèches est caractéristique de la région. Après une semaine dans la nature, on se rend compte à quel point celle-ci est fragile et peut être abîmée si l’homme n’en prend pas soin. Les défis liés au changement climatiques sont réels dans ces régions aux écosystèmes délicats. Faire de la randonnée est le meilleur moyen de profiter de cette nature tout en la respectant. Saint-Germain-de-Calberte est un petit village perché au-dessus de la vallée avec un temple et une église. Malheureusement on se trompe d’indication de GR (on prend le GR de Urbain V à gauche) au lieu de prendre le GR 70 à droite ce qui occasionne un détour substantiel. Apparemment nous ne sommes pas les seuls à nous être trompés). Une fois arrivés tant bien que mal à Saint-Etienne-Vallée-Française, nous allons au camping relativement désert. Nous nous baignons dans le Gardon et passons une soirée très sympa autour d’une petite bière avec Alain et son épouse. Il faut tout de même pouvoir relâcher la pression de temps en temps. Dernière nuit en tente, comme on dit toutes les bonnes choses ont une fin.

Jour 9 – Samedi 15 Septembre 2018 – Saint-Etienne-Vallée-Française – Saint-Jean du Gard (12,2 kms)

Je reconnais que je suis content de bientôt finir la randonnée. Le rythme des premiers jours a été intense. Peut-être trop et le sac commence à véritablement peser sur les épaules. Nous quittons la Lozère et les Cévennes pour arriver dans le département du Gard. Les Cévennes ont été une véritable découverte. J’espère pouvoir y retourner bientôt pour découvrir d’autres parties notamment les Gorges du Tarn toutes proches et observer les différentes espèces de vautour qui ont été réintroduites ces dernières années comme le vautour fauve. Les Cévennes occupent une place importante dans l’Histoire de France. Elles furent un fief de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Le maquis de Bir-Hakeim était installé près de Saint-Etienne-Vallée-Française. A Saint-Germain-de-Calberte des enfants juifs furent cachés. Comme le déclare Stevenson, « Long trajet que la descente à Saint-Jean-du-Gard ». Nous sommes arrivés. Au terme d’un périple de plus de 190 kilomètres traverse le pont au-dessus du Gardon est une véritable joie. Comme Stevenson qui voulait récupérer son courrier et partit pour Alès en diligence, nous prenons l’ancien train à vapeur qui rejoint Saint-Jean du Gard à Anduze. Le train appelé « train des Cévennes » vaut le détour. Les viaducs sont magnifiques et certaines locomotives ont plus de 100 ans. Une fois arrivés à Anduze, une petite pause glacée et nous repartons vers Alès. Demain ce sera le retour. En attendant il faut profiter du confort d’un lit.

Saint-Jean-du-Gard !!

Le train à vapeur des Cévennes

Propos conclusifs

Cette randonnée m’avait attirée de par la diversité des régions traversées : le Velay, le Gévaudan, le Mont Lozère et les Cévennes. La réalité a été à la hauteur de mes attentes. Un voyage d’une variété avec des rencontres d’une richesse. La météo a été au rendez-vous. J’ai été ravi de partager ces quelques jours avec Alex. Merci de m’avoir accompagné. Comme le disait Stevenson « Quant à moi je voyage non pour aller quelque part, mais pour marcher. Je voyage pour le plaisir de voyager. La grande affaire est de se déplacer, de sentir de plus près les besoins et les petites peines de l’existence, de quitter le lit douillet de la civilisation, et de sentir sous mes pieds le granit terrestre parsemé de silex coupants ». Alors, à la prochaine !

Liste de matériel non exhaustive et à améliorer

Vêtements Cuisine Douche et pharmacie Couchage et autres
2 Tee-shirts

1 short

1 short-pantalon

1 polaire

1 collant thermique

1 sous pull thermique

1 cagoule thermique

1 bandeau

2 paires de chaussettes

Pantalon de pluie

Pancho avec protection de sac

 

 

 

Gamelle

Réchaud

But à Gaz

Sachets de thé

Couverts métal

Briquet

Eponge

1 sac poubelle

1 couteau suisse

Mini sachet de sel

Gourde

Bouteille en plastique

Barres de céréale

Serviette sèche

Sandales plastiques

Gel douche écologique (pour vaisselle et douche)

Gel mains

Pansements ampoules

Aiguille

Désinfectant

Compresses

Pansements normaux

Crème anti frottement

Arnica

Mini crème solaire

Papier toilette

Brosse à dent de voyage et mini dentifrice

Mini corde à linge

Sac à dos 55 litres

Protection de sac

Tente sans structure

Sardines

Bâtons de marche

Tapis de sol gonflable

Sac de couchage

Appareil photo

Recharge appareil photo

Chargeur téléphone

Batterie solaire

1 bon livre

Topoguide

Carte IGN

Lunettes de soleil

Boules quies

Carte bancaire

Carte SNCF

 

 

 

 

Nouvelle Zélande – épisode 3

[08:0[Episode 3/épisode final ?] Bien le bonjour ! Je profite de mon retour vers Auckland en avion pour rédiger ce petit message. Bcp de choses se sont passées ces deux dernières semaines. Le bus ? nous emmène à Wanakaa. Le symbole de cette ville est un arbre au milieu du lac (?) je profite surtout de ce séjour pour grimper le mont Isthmus avec mon ami suisse et avoir une des plus belles vues de la région. (?). Par la suite direction Queenstown. Une ville un peu particulière surnommée capitale mondiale de l’aventure! Le saut a l’élastique a été inventé là. Pour skier c’est aussi par là. Mais tout coûte extrêmement cher donc j’en profite encore une fois pour randonner (Ben Lomond). Queenstown étant la fin du bus nous nous séparons tous. Le bus aura été pratique et plus abordable que la voiture!

Maintenant place à un peu plus d’aventure et place à … l’hiver. Après plus de 3 semaines de quasi complet soleil le changement est assez brutal haha. Le thermomètre dégringole et la pluie ☔ est quotidienne. Mais bon ça n’enlève rien à ma volonté. Je voyage maintenant en autostop vers le sud ouest de la NZ le « fjordland ». C’est une région magnifique aux fjords immenses et comptant les plus beaux treks de NZ. L’autostop marche plutôt très bien. Je rencontre bcp de gens, des australiens (durs à comprendre), des allemands, des israéliens, anglais. Bref des horizons très divers. Certaines personnes sont adorables et ont même parcouru 50/70 km de plus juste pour moi. En tout j’aurais été pris 30 fois en l espace de 10 jours. Ma 1ère destination est milford sound (?) parfois surnommé 8ème merveille du monde ce fjord est d’une beauté à couper le souffle. J’ai également une chance extraordinaire car après 20h de pluies diluviennes le ciel se dégage le matin et me permets de profiter des magnifiques cascades qui tombent des falaises. Après Milford je continue au sud vers te anau. Te Anau est la porte d’entrée des grands treks. Le plus connu est le Milford trek (qui doit être réservé 9 mois en avance…) celui que je vais faire est le Kepler. C’est une boucle de 65 km avec un sommet a 1500 et une ligne de crête fantastique. Je le fais en 3 jours avec un autre randonneur (Asaf originaire d Israël) nous nous sommes vraiment bien entendu et essayerons de garder contact. Petite anecdote sur ce trek: Un étrange animal peuple les montagnes de NZ, le Kia. Il s’agit de l’unique perroquet de montagne dans le monde. Vert gris le dessous de ses ailes est rouge. Extrêmement malin il n’hésite pas à chaparder des sacs de pic nique même lorsque l’on est à côté. Il adore également voler les semelles de chaussure la nuit pour les mordiller. Après la randonnée (pluvieuse) je quitte le fjordland pour l’extrême sud de la NZ. Je me ballade au grès des auto stops. Des fermiers me font découvrir lun des plus grands abattoirs du monde (3 millions de moutons/an) je suis resté à l’extérieur heureusement. Une a agricultrice m’a emmené à la traite des vaches (500 bêtes traites sur une plateforme tournante chacune leur tout) impressionnant. Inutile de préciser que la majorité du lait/viande part en Chine rends par la suite dans les catlins. Une région de cotes découpées. J’ai beaucoup de chance je vois des lions de mer (?) des dauphins des phoques à fourrure (espèce endémique) ainsi que des albatros (c’est d’une grâce) et un petit pingouin bleu (la plus petite espèce d pingouin du monde) sur la photo on le voit de loin. J’alterne avec des tandis. Ma dernière étape est Dunedin une ville assez drôle car fondée par des migrants écossais. Toutes les rues portent les mêmes noms que Édimbourg.

Voilà mon voyage se termine. J’arrive à Paris mercredi (jusqu’à dimanche midi). Cette expérience a été fascinante à tous points de vue. Le pays est magique, sûr et accueillant. Je n’ai qu’une hâte pouvoir y retourner plus longtemps. Il reste tellement d’endroits à découvrir. Je commence mon nouveau travail à Luxembourg lundi en 8. J’espère que ces petits récits vous auront plu. En espérant vous voir bientôt. J’ai pensé à chacun et chacune d entre vous pendant ces 5 semaines. Je vous embrasse. Affectueusement Alban

Nouvelle Zélande – épisode 2

chère famille, chers amis. Voici la suite de mes aventures. Je profite des 13h de bus que nous avons aujourd’hui pour vous écrire. Un glissement de terrain a bloqué la route et nous devons faire un grand détour. Je reviens maintenant dix jours en arrière à l’endroit ou je vous avez laissé Rotorua dans l île du nord. Après avoir vécu l’expérience maori nous sommes parti pour Taupo. Nous nous sommes levés à 4h du matin pour partir faire une randonnée de 20km, la plus réputée de NZ, le tongario alpine crossing. Cette randonnée traverse …. Le Mordor (lieu de tournage du seigneur des anneaux). Les paysages sont a couper le souffle. Sur les photos qui suivent vous pouvez voir la montagne du destin. On est transporté dans l’univers de Tolkien mis en scène par Sir Peter Jackson. Taupo est une petite ville très tranquille qui donne sur le plus grand lac de NZ (de la taille de Singapour). Le soir je retrouve mon ami écossais qui est de passage dans la ville. Le lendemain nous partons pour un petit patelin perdu au milieu des montagnes pour faire du rafting. Cependant un cyclone traverse la NZ provoquant des crues importantes et des énormes dégâts dans l’île du sud donc l’activité sera annulée.

Maintenant direction Wellington. Bien que Auckland soit la plus grande ville de NZ c’est Wellington ville bcp plus petite qui est la capitale politique. C’est une ville très sympa consacrée. « petite capitale la plus cool du monde » je profite de mon séjour là-bas pour me balader et visiter le Parlement (photo), le jardin botanique. Une vraie splendeur. Je visite également le musée national néo zélandais Te papa. Le séjour se finit par l’ascension du mont victoria qui domine la ville. Le lendemain direction l’île du sud!! ?nous prenons le ferry ? pour 3h de traversée. Par chance nous apercevons une baleine ainsi que des dauphins sautant dans les vagues du ferry.

Une fois arrivé dans l ile du sud direction le parc national d abel tasman. Cette fois ci je pars seul faire 3 jours de randonnée le long de la côte. Les paysages sont d’une beauté à couper le souffle. Certainement l une des plus belle rando que j’ai eu la chance de faire. Les campings sont directement sur la plage. Je rencontre bcp de monde pendant ces 3 jours. Le clou de la rando est la découverte de cascades naturelles formant des piscines. Petit pincement au Coeur pour ma copine la mouette que je nourrissais sur la plage quand un faucon lui a foncé dessus et s’en délecté. ? je me suis bien amusé avec ma go pro. Hâte de vs montrer les vidéos. Après cette parenthèse enchantée retour à la civilisation. Les personnes avec qui je voyageais ont continué leur route. Je me forme un nouveau groupe composé de danois, allemands et de suisses. Je crois d’ailleurs qu’il y a autant d allemands que de néo zélandais dans ce pays ?. Les jours suivants nous descendons la côte ouest en faisant différents stops. Parmi les éléments marquants une rando pour voir une colonie de phoques. Enfin nous arrivons à franz Joseph. Nous sommes avertis d’une tempête le lendemain donc nous profitons de l après-midi avec un ami allemand pour faire en 4eme vitesse une rando de 8km et 700m de dénivelé positif pour admirer le glacier. Comme pour la mer de glace celui ci fond à vitesse grand V. Et dire que certaines personnes ne croient pas au réchauffement climatique… ? le lendemain gros jour de pluie (comme sous les tropiques car nous sommes dans une zone de forêt humide) donc direction les bains chauds ?

Bref voilà plus que deux semaines de voyage ?. Ce pays est magique. Un mix entre les montagnes d Ecosse, les glaciers d Islande et les plages d indonésie. A mi parcours je tire un super bilan du voyage en solo. On rencontre bcp de monde et l’on est jamais seul ! Bref jspr que cette petite lecture dans le métro vous aura plu. Rdv a la fin du mois pour le dernier épisode de mes aventures NZ. Bisous ?

Nouvelle Zélande – épisode 1

Chère famille / chers amis. Me voici a présent en NZ depuis une semaine. Et quelle semaine! Tout a commencé… A l’embarquement a Paris! J’entends un nom appelé au haut parleur qui ressemble vaguement au mien. C’était bien le cas ? bref j ai été upgradé en business. Coupe de champagne, service a la personne, siège se transformant en lit avec un matelas. Bref j étais sur mon tapis volant jusqu’à Dubai! A Dubai je fais mes premières rencontres. Une autre française Coralie et un écossais Alexander qui sera mon voisin dans l avion pdt 18h! Super sympa on a tout de suite accroché. Alexander vient en NZ pour faire du saut en parachute! Déjà 300 sauts a son actif. Arrivé a Auckland il me dépose en voiture ? a mon auberge et nous allons prendre un verre en ville. Auckland est une ville assez surprenante avec un splendide front de mer et quelques grattes ciels. Le lendemain après une nuit bien courte (réveil a 2h30 du au décalage horaire). Le lendemain je retrouve tout un groupe de français pour aller marcher sur le point éden un volcan éteint au centre d’auckland! Le lendemain je retrouve mon compagnon de voyage pour les 10 premiers jours. Sebastian un allemand qui fait le tour du monde. Nous decidons de voyager en bus car cette solution s avère moins chère que la voiture. Avant de partir nous passions une journée sur une ile volcanique dans la baie d auckland.

Après ce petit séjour a auckland nous partons pour la presqu ile de comrandel. Avec des plages magnifiques dont celle ou a été tournée Narnia.

Après cette journée de detente nous partons pour la région d Hamilton dans le centre de l ile du nord. Au programme ! Hobbitown ? lieu de tournage du seigneur des anneaux. Tout avait été reconstruit pour filmer le hobbit. Le lieu est splendide. Aux premières notes de musiques on est plongé dans l ambiance. Tout y est. La maison de bilbo, le green dragon ? inn.

L après midi nous partons pour les waitomo caves. Des grottes souterraines incroyables que l on descend sur des pneus avec une combi intégrale et des casques de spéléologie.
Le plus fantastiques sont les vers luisants qui peuplent les caves. Une impression d irréel.
Nous partons ensuite pour rotura. La ville des maoris. Nous assistons a un diner avec un spectacle de danses et chants maoris.
Rotura est une ville très sympa avec des lacs. Des forêts immenses. Et l auberge a une piscine. ?
Nous repartons aujourd’hui pour taupo suite de notre voyage.
J’espère que ce petit récit vous a plu. Suite dans une semaine avec plein de nouvelles aventures ?

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén